La longue histoire d’un grand vignoble

Il était une fois le vignoble de Bandol, très prisé dès le Ve siècle avant J-C ! Dans ses veines “coule le sang d’un roi“ : le Mourvèdre, un cépage unique qui donne au Bandol toute sa force, sa puissance et sa virilité.
Entre le Gros Cerveau au Sud, le Mont Caume à l’Est, la Sainte Baume au Nord et le littoral méditerranéen, le Bandol s’épanouit au gré des restanques grâce à un ensoleillement maximal, un terroir d’exception et un sol particulièrement riche en calcaire. C’est là qu’il développe sa forte personnalité, qu’il prend toute son ampleur et fait entendre, à ceux qui savent l’écouter, cette musicalité si singulière qui fait du Bandol une AOC unique en Provence, et l’une des premières en France (1941).

Depuis la nuit des temps, les dieux se sont penchés sur ce raisin noir, né à Murviedro en Espagne, qui donne au vignoble de Bandol sa renommée légendaire. Au XVIe siècle, après l’annexion de la Provence, alors que certains négligeaient les vins de Provence, les historiens du “bien boire“ n’omettaient jamais de citer les crûs de Bandol ! Deux siècles plus tard, l’aptitude du Bandol au transport maritime le fit naviguer sur toutes les mers, jusqu’aux Antilles. Et même à la table de Louis XV qui l’appréciait et en faisait une consommation
journalière.

A l’époque, tandis que les autorités faisaient obstacle à la culture de la vigne pour favoriser celle des céréales, exception fût faite pour le vignoble de Bandol en raison de l’intérêt de ses vins... Aussi, quand le port en eau profonde fut créé, autorisant un chargement plus aisé des navires, tonneaux et barriques de chêne quittaient par milliers les quais de la cité marchande pour la Chine ou l’Amérique latine...
Aujourd’hui, le Bandol poursuit son exportation à travers le monde grâce à son cépage-roi, plus exigeant que jamais, qui offre le meilleur de lui-même quand on lui prête beaucoup d’attention, de patience et d’amour.